
Les Bretons rappelés à l’ordre pendant les couvre-feux. Ici, Paimpol. © http://tetedelart.canalblog.com/
En Bretagne, les cloches sonnaient jadis le couvre-feu : « c’est Marie-Jeanne qui nous appelle », regrettaient les Brestois devant quitter leur bistrot. Aujourd’hui, assimilées au temps d’une Église qui peine à mobiliser ses ouailles, elles sont choyées ou détestées. Depuis fin janvier, le patrimoine campanaire est protégé par une loi. La contestation est impossible.
Les explorateurs du monde ont rarement été des exploratrices. Et le récit de voyage a longtemps été le fait d’aventuriers, de chercheurs, d’amateurs de pittoresque. Comment les femmes ont-elles décrit leur propre expérience du monde ? Un point de vue d’histoire et de géographie culturelles d’une Europe qui brouille à partir du 19e siècle les hiérarchies et les frontières.
Pour Amitav Ghosh, il nous manque un imaginaire qui réfute nos récits et nos mythes modernes. La littérature doit s’émanciper de cette Nature immuable qui fait figure de décor. Et nous devons réécrire l’histoire de la modernité, des États-nations dont la structure impériale explique la débauche énergétique à l’origine du réchauffement climatique.
Entre ses origines anglo-hollandaises, son appropriation par de nombreux pays d’Afrique subsaharienne et les investissements actuels des industriels chinois, le wax, dit « tissu africain » raconte la mondialisation, l’impérialisme, mais aussi les liens complexes entre consommation et identité.
Comment parler du guide Michelin lorsque les restaurants sont fermés ? Est-ce une provocation maladroite de publier un Guide alors que des milliers d’établissements sont en train de faire faillite et que le secteur vit la pire crise de son histoire ?
La faillite du système alimentaire mondial (900 millions d’êtres humains en situation de famine et deux milliards trop nourris, souffrant de surpoids et diabète) est-elle liée à l’internationalisation de l’alimentation ? Santé publique, dérives agricoles et environnement : c’est le grand désordre alimentaire. Et si la solution était la démocratie alimentaire ?
Après les GAFA, voici les BASTA, l’acronyme de Bigard, Avril, Savéol, Tereos et Agrial, le club des cinq plus gros profiteurs de la Pac. Alors que les paysans, les maraîchers et arbos diversifiés sont les oubliés d’une politique qui devrait faire vivre les territoires.
Le musée d’Orsay affiche une exposition invisible pour cause de Covid, « Les origines du monde. L’invention de la nature au XIXe siècle ». Comment la crise actuelle déroge au temps cyclique et nous plonge dans le temps de la nature ? Si nous sommes entrés dans l’anthropocène, comment transposer les leçons de la géologie à la biologie ? Et penser un cataclysme lent ?
Les lycéens, le nez dans le guidon de Parcoursup, se demandent s’il faut passer par une prépa. Pendant que d’anciens étudiants d’écoles dévoilent les turpitudes de la vie dans ces écoles et que se pose la question d’une responsabilité du modèle enseigné dans les crises actuelles.