Zack Snyder et les (très) gros muscles de l’Amérique

Army of the Dead

Truffé de références et de télescopages plus ou moins insolites, mêlant film de guerre, de braquage et d’horreur, Army of the Dead cartonne sur Netflix depuis mai. 15 ans après son très droitier 300, le réalisateur Zack Snyder offre un film moins visiblement réactionnaire mais révélateur des relations compliquées de l’Amérique – et de l’Occident – avec les Autres.

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Le Far-West est à vendre (‘First Cow’, Kelly Reichardt)

First CowDans son septième long métrage, First Cow, la réalisatrice Kelly Reichardt revisite le western loin de Hollywood. Dans les territoires tout juste apprivoisés de l’Oregon, elle déterre sous la beauté sauvage des paysages les racines du capitalisme et raconte la marchandisation du monde.

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Filmer les « antimondes »

Above and BelowDans Above and Below, le documentariste suisse Nicolas Steiner filme les marges de la société nord-américaine. Dans les entrailles de la ville, au milieu du désert et sur une planète Mars plus vraie que nature, trois «antimondes» révèlent une Amérique invisible. (Texte initialement publié en 2016 dans La Géographie n°1563.)

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Éternel siège (‘Invasion’, Hugo Santiago)

Invasion, Hugo SantiagoSuccès critique mais échec commercial à sa sortie en 1969, porté disparu pendant plusieurs années puis miraculeusement ressuscité en 1999, Invasion fascine par son destin autant que son contenu. Dans ce premier long métrage, le réalisateur argentin Hugo Santiago mélange film noir et poésie dans une fable politico-existentielle sur l’engagement. Et explore les modalités de notre attachement aux lieux. Lire la suite

Lieux de Funès, la France en folie

Louis de Funès, à la foliePar son énergie, sa capacité à retourner tout ce qui bouge autour de lui, Louis de Funès hante la France d’aujourd’hui. Le voici dans les lieux où il gronde comme un orage dans la campagne. À l’occasion d’une rétrospective à la Cinémathèque (qui réouvre) et d’un collector époustouflant comme sa légende.

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Penser le monde d’après grâce aux zombies

La pandémie de Covid-19 n’a-t-elle pas des airs de déjà-vu ? Notre imaginaire collectif n’est-il pas habitué, à travers le cinéma postapocalyptique, au confinement et à la peur de l’autre, qui pourraient bientôt devenir notre quotidien ? Il se peut que les films de zombies, à travers leurs thèmes récurrents de l’enfermement, de l’angoisse de la contamination et de la défiance généralisée aient déjà presque tout dit de la crise que nous traversons. Et donnent des clés pour penser cette période et, si possible, agir. Lire la suite

Le géotop, 7ème: pour Gilles Fumey, le cinéma c’est sacré

Nouvelle livraison du « Géotop ». Toujours sous les auspices de Serge Daney, place au top ciné-géographique de Gilles Fumey. Créateur des Cafés géographiques, spécialiste de l’alimentation et auteur de nombreux ouvrages sur le sujet, Gilles Fumey est aussi un cinéphile averti, qui écume notamment les salles du festival de Locarno chaque année. Avec aucun (!) film nord-américain, sa sélection, très tarkovskienne, fait la part belle à la foi et au sacré sur grand écran. Lire la suite

Invictus, l’antiracisme soft du cow-boy Eastwood

InvictusPrès de 25 ans après la victoire de l’Afrique du Sud postapartheid à la Coupe du monde de rugby, les anciens vainqueurs tombent comme des mouches, de crise cardiaque en maladie neurodégénérative. De quoi faire ressurgir les doutes sur le triomphe des Springboks. Revoir Invictus, dans lequel Clint Eastwood célèbre l’intelligence politique de Mandela à travers la success story de l’équipe nationale de rugby, nourrit des interrogations d’un autre ordre. Derrière l’antiracisme – sans doute sincère – du film se dissimule une vision éthérée de la politique et des rapports de domination entre «races». Lire la suite

Au cinéma avec Mark Fisher (2/2)

Capitalist Realism, Mark FisherVoir ou revoir Heat, Le Parrain ou Les Fils de l’homme pour comprendre les métamorphoses de l’Occident depuis les années 1970 ? C’est ce que propose le regretté Mark Fisher dans Le Réalisme capitaliste (Capitalist Realism). Dans la lignée des analyses du postmodernisme par Fredric Jameson, ce court essai publié en 2009 – et traduit en 2018 – passe en revue les traits culturels du capitalisme tardif, c’est-à-dire de la logique politico-économique qui s’est progressivement imposée au monde depuis les années 1980. Entre deux citations de Deleuze ou Slavoj Žižek, le cinéma nord-américain sert de guide pour démêler les logiques des sociétés post-chute du Mur. (2ème partie)

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