Savez-vous plantez les choux ?

L'École comestible
Apprendre à se nourrir avec des plantes © L’Ecole comestible

Ah, les minots qui aiment tant mettre la main à la pâte de pain, brosser des carottes, planter les choux ! Qui leur ôterait ce plaisir de découvrir le monde par leurs nourritures ? Ou plutôt qui le leur donnerait s’ils n’ont pas de parents ou grands-parents éducateurs, de lopin de terre à leur disposition parce qu’ils habitent en ville ? Qui, sinon l’école ? (Gilles Fumey)

Car, il est bien connu qu’on peut tout demander à l’école. On peut tout demander, notamment aider ces jeunes humains à se nourrir correctement.

Sujet inflammable que l’alimentation, pour les parents, les nutritionnistes, jusqu’aux ministres comme Jean-Michel Blanquer qui aime tant servir les petits-déjeuners industriels aux bambins.

Inflammable ? L’exemple de la Suisse brille au firmament des politiques incertaines : les petits Suisses ont tous des cours de cuisine et, pourtant, la malbouffe se porte très bien outre-Jura.

Inflammable en France avec les ravages de l’obésité infantile, du diabète et des inégalités d’accès aux nourritures de qualité.

L’École comestible, une éducation en rupture avec les Semaines du goût

Tels Sisyphe et son rocher, les promoteurs d’une éducation à l’alimentation poussent à une politique globale de formation à des habitudes alimentaires « saines ».

Fondée par la journaliste Camille Labro et greffée sur le réseau mondial Edible Schoolyard, l’Ecole comestible sensibilise à la notion de goût, d’alimentation diversifiée par des produits frais, locaux, issus de modes de production durables et de qualité.

Des dizaines de milliers d’enfants découvrent les semences et les légumes qui sont à la base de leur alimentation. Des dizaines d’expériences similaires existent partout dans le monde.

Une vraie rupture avec les « semaines du goût » et autres entourloupes de l’agroalimentaire faisant des marionnettes aux enfants avant de remplir le frigo des parents à coup de publicités.

Quel est le lien entre une découverte en classe, si merveilleuse soit-elle, et ce que les enfants trouvent au domicile qui regorge de céréales, de barres chocolatées, de jus de fruits et de toutes sortes de « produits laitiers » industriels lorsqu’ils rentrent de l’école ?

Les Italiens du mouvement Slow Food ont été les premiers à parier sur une éducation dans des jardins, avec distribution de graines, sensibilisation aux pollinisateurs, ateliers de transformation de fruits et légumes, de manière à bien relier les aliments à la nature, aux paysages, y compris dans des potagers sur les toits.

Une seule vache peut fournir 175 millions de burgers

Compte tenu de l’évolution – irréversible – d’une production alimentaire issue de la food tech, un déclin (relatif) de la viande issue d’élevages industriels, il va falloir accompagner cette mutation alimentaire qui clôt une partie de l’aventure humaine du néolithique à l’origine de l’agriculture.

Si le Good Food Institute a raison, expliquant qu’une seule vache peut fournir les cellules souches pouvant être à l’origine de 175 millions de burgers, tout en restant vivante, si le foie gras de canard est cultivé « sans élevage ni abattage », si le caviar, les œufs, le bœuf de Kobé peuvent être issus de bioréacteurs installés dans des usines d’où viennent déjà salades et tomates cultivées en hydroponie, alors il faut expliquer les tenants et aboutissants de cette révolution.

Sacré défi pour l’école !


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Comment le Nutri-Score peut tuer le roquefort

Belle idée que de stigmatiser les produits alimentaires industriels gavés de sucre, de sel et de gras. Quand des produits de qualité comme le roquefort sont directement menacés, Diderot et d’Alembert qui le qualifiaient de « rois des fromages » partiraient à la bataille contre Bruxelles. (Gilles Fumey)

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Quand les consommateurs font la loi du vin

Vallée du Rhône (Hermitage). Des vignes d’exception. © RVF

Difficile de cerner ce qui se passe dans le vin aujourd’hui. Sans parler des « vins nature » prisés par les nouvelles générations d’amateurs. La période où la vigne de masse s’imposait dans les verres s’achève. Encore une fois, les consommateurs ont fait plier les vignerons du productivisme et œnologues patentés. Victoire ! (Gilles Fumey)

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Éloge des bistrots

Arlon (c) Tania Pougin

Les confinements successifs ont dévoilé l’importance d’un lieu emblématique mais sous-estimé, le bistrot. Qu’on les appelle bar, café ou troquet, les débits de boissons font partie intégrante de nombreuses cultures et nous en apprennent beaucoup sur le territoire dans lequel ils se trouvent. Un outil dont les géographes auraient tort de se passer. (Renaud Duterme)

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Slow Cheese 2021 : stop au hold-up fromager (3)

Fromages sentinelles Slow Food
Les fromages sentinelles Slow Food en France

L’autre patrie du fromage, l’Italie, n’est pas sous la coupe d’industriels qui commettent, en France un permanent hold-up sur les fromages. Mais des paysans héroïques sauvent des races et des goûts en perdition. Exemples : le camembert et la brousse du Rove. (Gilles Fumey)

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Slow Cheese 2021 : les sortilèges du goût du fromage (2)

Fromage de Sardaigne
Les fromages de Sardaigne, best sellers du goût.

Imaginez en France un salon des fromages d’appellation, inauguré par une ministre de la Jeunesse : c’est ce qui s’est passé à Bra (Italie) ce 18 septembre avec Fabiana Dadone. Le fromage y est un aliment pris au sérieux. On est loin d’une France qui industrialise à tout va son patrimoine (85% des fromages français viennent d’usines de transformation au lait pasteurisé). (Gilles Fumey)

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Slow Cheese 2021: quand le lait saute vers l’immortalité

Slow Cheese

Les passionnés de fromages du monde se retrouvent à Bra (Piémont, Italie) à l’invitation de Slow Food. Curieusement, hormis les visiteurs italiens les plus nombreux, Anglais et Allemands arpentent le pavé de cette très ancienne ville à deux pas d’une prestigieuse université des sciences gastronomiques. Peu de Français annoncés, sinon des militants de la cause fromagère. (Gilles Fumey)

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La tomate, plante impériale à surveiller de près

Guide des tomates

Prenez un instant de votre repas pour envisager ce qu’il y a derrière cette solanacée qui a envahi nos assiettes. Avec Pascal Antigny, qui a cultivé près de 4000 variétés dans son potager de l’Aisne. Une histoire géopolitique de la tomate, comme un thriller qui pourrait mal se terminer. (Gilles Fumey)

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Bataille mondiale contre la faim et pour une alimentation saine

Faim dans le monde
District d’Amboasary, Madagascar. © Photo : PAM/Tsiory Andriantsoarana.

Cela peut paraître une ritournelle connue, un marronnier de la presse comme on en lit chaque été, la question de la faim est bien plus que cela. La faim chronique qui touche une personne sur 10 est l’une des pires humiliations que puisse connaître un être humain, sachant que le tiers de la production alimentaire est gaspillé ou détruit. Un contre-sommet tente d’aller plus loin que l’ONU. (Gilles Fumey)

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Les agriculteurs victimes des plaintes et complaintes météo

Les chaînes télé aiment tant les météos qu’elles les présentent souvent comme détraquées. Le tire-larmes marche à fond pour apitoyer l’opinion sur les malheurs des agriculteurs. Une pratique lassante qui mériterait plus de pédagogie sur les incidences du changement climatique.

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