Le Far-West est à vendre (‘First Cow’, Kelly Reichardt)

First CowDans son septième long métrage, First Cow, la réalisatrice Kelly Reichardt revisite le western loin de Hollywood. Dans les territoires tout juste apprivoisés de l’Oregon, elle déterre sous la beauté sauvage des paysages les racines du capitalisme et raconte la marchandisation du monde.

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Éternel siège (‘Invasion’, Hugo Santiago)

Invasion, Hugo Santiago

Succès critique mais échec commercial à sa sortie en 1969, porté disparu pendant plusieurs années puis miraculeusement ressuscité en 1999, Invasion fascine par son destin autant que son contenu. Dans ce premier long métrage, le réalisateur argentin Hugo Santiago mélange film noir et poésie dans une fable politico-existentielle sur l’engagement. Et explore les modalités de notre attachement aux lieux.

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Lieux de Funès, la France en folie

Louis de Funès, à la foliePar son énergie, sa capacité à retourner tout ce qui bouge autour de lui, Louis de Funès hante la France d’aujourd’hui. Le voici dans les lieux où il gronde comme un orage dans la campagne. À l’occasion d’une rétrospective à la Cinémathèque (qui réouvre) et d’un collector époustouflant comme sa légende.

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Penser le monde d’après grâce aux zombies

La pandémie de Covid-19 n’a-t-elle pas des airs de déjà-vu? Notre imaginaire collectif n’est-il pas habitué, à travers le cinéma postapocalyptique, au confinement et à la peur de l’autre, qui pourraient bientôt devenir notre quotidien? Il se peut que les films de zombies, à travers leurs thèmes récurrents de l’enfermement, de l’angoisse de la contamination et de la défiance généralisée aient déjà presque tout dit de la crise que nous traversons. Et donnent des clés pour penser cette période et, si possible, agir. (Manouk Borzakian)
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Les Gilets jaunes, fabrique de lieux

Alors que les Gilets jaunes, après plus d’un an, refusent de disparaître, un livre et un film rendent compte de la vie sur deux ronds-points. Des approches au plus près qui montrent combien ce mouvement relève avant tout d’une réappropriation des lieux. (Manouk Borzakian) Lire la suite

Invictus, l’antiracisme soft du cow-boy Eastwood

InvictusPrès de 25 ans après la victoire de l’Afrique du Sud postapartheid à la Coupe du monde de rugby, les anciens vainqueurs tombent comme des mouches, de crise cardiaque en maladie neurodégénérative. De quoi faire ressurgir les doutes sur le triomphe des Springboks. Revoir Invictus, dans lequel Clint Eastwood célèbre l’intelligence politique de Mandela à travers la success story de l’équipe nationale de rugby, nourrit des interrogations d’un autre ordre. Derrière l’antiracisme – sans doute sincère – du film se dissimule une vision éthérée de la politique et des rapports de domination entre «races». Lire la suite

Au cinéma avec Mark Fisher (2/2)

Capitalist Realism, Mark Fisher

Voir ou revoir Heat, Le Parrain ou Les Fils de l’homme pour comprendre les métamorphoses de l’Occident depuis les années 1970? C’est ce que propose Mark Fisher dans Le Réalisme capitaliste (Capitalist Realism). Dans la lignée des analyses de Fredric Jameson, cet essai publié en 2009 – et traduit en 2018 – passe en revue les traits culturels du capitalisme tardif, c’est-à-dire de la logique politico-économique qui s’est progressivement imposée au monde depuis les années 1980. Entre deux citations de Deleuze ou Slavoj Žižek, le cinéma nord-américain sert de guide pour démêler les logiques des sociétés post-chute du Mur. (2e partie) (Manouk Borzakian)

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Léopard d’or pour « Vitalina Varela », de Pedro Costa (Locarno 2019)

Vitalina Varela

À Locarno, les écrans, cette année, aiment le noir. Pas seulement pour la remarquable rétrospective Black Light, mais aussi le brillant clair-obscur de Vitalina Varela de Pedro Costa qui vient de recevoir le Pardo d’oro sur la Piazza Grande. Pour un film qui peut nourrir les études de géographie post-coloniale. (Gilles Fumey)

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La bistrotière du désert (Locarno 2019)

143 rue du désertPour son deuxième long métrage, Hassen Farhani a posé sa caméra dans un café perdu en plein Sahara. Dans 143 rue du désert, il filme le quotidien de la tenancière Malika et, à travers les discussions entre clients et l’évolution du paysage alentour, prend le pouls de la société algérienne. (Manouk Borzakian) Lire la suite