Gated Communities, le paradis entre quatre murs

Sécurité, entre-soi, rêve de vacances perpétuelles. À l’heure où un supposé «sécessionnisme» envahit le débat public, quoi de mieux que d’évoquer les «gated communities», principal avatar des stratégies d’auto-enfermement gagnant le monde? Lire la suite

Mark Alizart: « Notre espèce a besoin d’espoir »

Mark Alizart, Le coup d'État climatiqueSommes-nous en train d’assister à un coup d’État climatique? C’est la thèse de Mark Alizart, dans un ouvrage paru aux PUF. Le philosophe met en garde: devant l’émergence d’un carbofascisme dopé par la crise climatique, l’écologie doit sortir de sa fébrilité et de son conservatisme. Rencontre.

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Les Gilets jaunes, fabrique de lieux

Alors que les Gilets jaunes, après plus d’un an, refusent de disparaître, un livre et un film rendent compte de la vie sur deux ronds-points. Des approches au plus près qui montrent combien ce mouvement relève avant tout d’une réappropriation des lieux. Lire la suite

Cyril Schäublin: « la parole est toujours politique »

Pour la sortie de son film Dene Wos Guet Geit (Ceux qui vont bien) dans les salles romandes, le réalisateur zurichois Cyril Shäublin a bien voulu répondre à quelques questions. Au menu d’une longue discussion : des lieux étranges, une langue étrange, Robert Bresson, le Comité invisible… et l’envie de faire un cinéma sincère, sans fioritures. Lire la suite

Le roi et l’oiseau: détruire les cages

En 1980 sort Le roi et l’oiseau, réalisé par Paul Grimault sur un scénario de Jacques Prévert. Démarré en 1946, le projet avait abouti en 1953 à une version reniée par son auteur, qui est parvenu à se réapproprier son travail près de 30 ans plus tard. À l’arrivée, ce chef-d’œuvre intemporel et inclassable, hymne à l’amour et à la liberté, distille un message de révolte contre toute forme d’autorité. Il raconte comment la transgression de l’ordre social et spatial permet de révéler celui-ci, pour mieux le renverser. Lire la suite

Locarno 2016: « There is an alternative » (Moi, Daniel Blake, Ken Loach)

11 août 2016, 21h30, sur les sièges noirs et jaunes de la Piazza Grande, la projection de Moi, Daniel Blake fait salle comble. À 80 ans, ému de voir 8’000 personnes massées pour découvrir son film, Ken Loach n’en va pas moins à l’essentiel. Il évoque le démantèlement de l’État-providence par le thatchérisme, rappelle les conséquences bien réelles de cette politique, machine à broyer les plus faibles. Et conclut : « There is an alternative, and it is worth fighting for it ».

Droit dans ses bottes après une trentaine de longs-métrages, Loach ne révolutionne peut-être pas le cinéma. Mais il offre une description minutieuse et pas du tout superflue des dégâts humains du néolibéralisme à l’anglaise, esquissant au passage une petite géographie de l’humiliation des laissés-pour-compte.

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Face à l’hydre bureaucratique (Un monstre à mille têtes, Rodrigo Plá)

Un Monstre à mille têtes, en compétition FIFF 2016, est parvenu à se frayer un chemin jusqu’à trente-huit salles françaises, grâce à Memento Films. On y découvre qu’au Mexique, pour bénéficier d’un nouveau traitement contre le cancer, c’est-à-dire se donner une chance de survivre, il faut d’abord convaincre sa compagnie d’assurance. Cela nécessite l’avis d’un médecin au moins aussi attentif au profit de ladite compagnie – et aux pressions qu’il subit – qu’à la santé de ses patients. Ce défi, la déterminée Sonia tente de le relever pour sauver son mari malade, et son parcours du combattant fournit l’argument du roman de Laura Santullo (scénariste) et du film de Rodrigo Plá. Résultat: un réquisitoire sans appel contre le libéralisme sauvage et ses conséquences, entre abysses bureaucratiques et violence sociale. Lire la suite