« Fuga Mundi », fuir le monde au désert

La veine n’est pas près de s’éteindre. Le géographe S. Tesson fait l’éloge du retrait au monde et ça plait. Ces goûts du désert mériteraient une géographie mondiale car ils existent partout. Dans l’Himalaya, au Tibet notamment, des dizaines de milliers de moines vivent aussi une réclusion choisie. Comme les chartreux qui ouvrirent plus de 200 monastères au 16e siècle… (Gilles Fumey)

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Au cinéma avec Mark Fisher (1/2)

Capitalist Realism, Mark Fisher

Voir ou revoir Heat, Le Parrain ou Les Fils de l’homme pour comprendre les métamorphoses de l’Occident depuis les années 1970? C’est ce que propose Mark Fisher dans Le Réalisme capitaliste (Capitalist Realism). Dans la lignée des analyses de Fredric Jameson, cet essai publié en 2009 – et traduit en 2018 – passe en revue les traits culturels du capitalisme tardif, c’est-à-dire de la logique politico-économique qui s’est progressivement imposée au monde depuis les années 1980. Entre deux citations de Deleuze ou Slavoj Žižek, le cinéma nord-américain sert de guide pour démêler les logiques des sociétés post-chute du Mur. (1ère partie) (Manouk Borzakian)

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The Walking Dead : deux saisons à la campagne

Alors que la saison 10 (!) arrive à l’automne prochain, retour sur les deux premières saisons de The Walking Dead, avec la version longue d’une chronique parue dans La Géographie. Où il est question de la skyline d’Atlanta et du vert des arbres, ou comment, 19 épisodes durant, la série culte distille un discours anti-urbain et réactionnaire, dans la lignée des mythes fondateurs de la nation nord-américaine.

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L’amour des murs

© Tomas Castelazo, http://www.tomascastelazo.com / Wikimedia Commons

La politique nord-américaine se résume depuis un mois au financement d’un mur frontalier. Elle fait écho à une obsession mondiale pour les barricades, qui trahit le désir des États de réaffirmer le contrôle de leur territoire. Aussi illusoire soit-il. (Manouk Borzakian)

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Le road movie: individus nomades vs société sédentaire

« Quelque chose est changé en moi et je ne peux pas revenir en arrière. Je veux dire : je ne pourrais plus vivre. » Le week-end à la montagne s’est transformé en cavale pour Thelma et Louise, héroïnes du septième long métrage de Ridley Scott en 1991. La décapotable de Louise dévore depuis plusieurs jours les kilomètres des autoroutes rectilignes du Midwest, et Thelma, enfin débarrassée de sa vie de femme au foyer soumise, adresse à son amie une phrase qui résume l’essence du road movie : le véritable voyage est sans retour parce qu’il ne laisse pas intact, parce qu’on ne peut pas se résigner à retrouver les chaînes dont on s’est défait en prenant la route. Lire la suite

Microbiote mon amour

Psycho - Alfred Hitchcock, 1960

Devant la persistance de l’usage des perturbateurs endocriniens dans les produits hygiéniques, des possibilités existent d’y échapper. Une révolution pourrait être enclenchée à l’instar de celle qui a changé l’image de la propreté à la Révolution. Pour reconquérir la souveraineté sur nos territoires intimes ? (Gilles Fumey)

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‘007 Spectre’: Vous êtes plutôt réseau ou territoire?

007 Spectre

James Bond a entamé depuis quelques temps une thérapie douloureuse – pléonasme. Après Skyfall et les tréfonds de sa petite enfance écossaise, l’agent 007 s’attelle, dans Spectre, aux refoulés de sa préadolescence. L’exploration de l’inconscient bondien se joue sur fond d’une tension inaugurée dans le précédent épisode  : l’espion, non content de vieillir et de se sentir gagné par le doute, voit les progrès techniques sceller le triomphe des geeks à lunettes. Les lignes de code menacent de remiser les bons vieux agents double zéro au placard des vieilleries du renseignement à la papa. James Bond, hostile à l’innovation car dépassé et nostalgique, serait donc un vieux réac technophobe. Mais c’est aussi un homme de terrain. Et le terrain, c’est important.

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Petite géographie de Mad Max : la route entre civilisation et chaos

Mad Max

En ouverture de Mad Max: Le défi (1981), une séquence plante le décor: un conflit entre grandes puissances a mené à un monde en manque de pétrole et envahi par les pillards, le basculement ayant commencé dans le premier volet de la série (Mad Max, 1979). On est en plein dans l’obsession de fin du monde marquant le cinéma occidental dès les années 1960. Et la description de ce monde postapocalyptique mobilise un imaginaire géographique qui raconte les angoisses et inquiétudes des sociétés occidentales depuis un demi-siècle. George Miller s’inscrit dans cet imaginaire, tout en mobilisant des éléments le rattachant au cinéma australien des années 1970. Dans les aventures de Max Rockatansky, trois objets géographiques ressortent: le désert, la ville et la route. (Manouk Borzakian)

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